Droits de l’Homme? Et moi! et moi! et moi!

Tout le monde parle des droits de l’homme. Une charte universelle a été signée par 50 états sur 58 à Paris en 1948. Madame Eleanor Roosevelt, première dame des USA, présidait le comité de rédaction.

Eleanor Roosevelt

Huit états s’étaient abstenus. 

  • – L’Afrique du Sud, qui refusait l’égalité de l’homme devant la loi sans distinction de naissance ou de race,
  • – L’Arabie Saoudite, qui contestait l’égalité homme-femme,
  • – La Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, et l’URSS, n’étaient pas d’accord sur la notion d’universalité,
  • – Le Yémen et le Honduras se sont également abstenus.

(source Wikipédia)

Déjà en 1945, la Charte des nations unies avait été signée par  193 pays membres. 

Création de la charte des Nations Unies, avril-juin 1945

Pour ceux qui veulent lire le magnifique préambule de la charte et tous les articles. Le paradis sur terre c’est ici:

Au sortir de la 2ème guerre mondiale, la force contraignante que constituait l’organe central, c’est à dire le conseil de sécurité, devait pouvoir assurer la paix partout dans le monde et les droits humains fondamentaux. Composé des USA, de la Chine, de la Grande-Bretagne, de la France et de la Russie, le bras armée de la paix mondiale décide encore aujourd’hui. Votant des résolutions numérotées, c’est la seule instance « légitime » pour recourir à la force, dans tous les coins de la planète.

Conseil de sécurité de l’ONU

La force armée? Ce sont les fameux casques bleus ( couleur turquoise d’îles paradisiaques) qui ne sont en fait que des contingent militaires prêtés par les pays membres.

Mais il faut quatre mois aux différents pays membres pour dégager ces contingents pacificateurs. Kofi Annan réclamait une vraie force onusienne armée, rapidement déployable. Car les tueries en masse et autres barbaries ça n’attend pas 4 mois.

Joint Special Envoy Kofi Annan spoke with the media at the United Nations Office at Geneva following the June 30, 2012 Meeting of the Action Group for Syria.

Il réclamait également une extension du conseil de sécurité du double de pays représentants.

Voici la petite bande annonce officielle que j’ai trouvée sur le site de l’ONU aujourd’hui, en 2020…

Pour le paradis sur terre en un clic:

Normalement, ce sont les responsables qui vantent une institution dont ils font partie, pas les pauvres demandeurs en pagne ou costume folklorique. Si je veux faire la pub de mon entreprise, je fais parler d’abord ceux qui y bossent, et si possible le boss en personne! Mais où sont les membres de l’ONU, où sont tous les représentants de tous les pays pour fêter le 75ème anniversaire?

On sent bien que cette institution ne tourne pas rond, mais nous essayons de comprendre, sans blâmer personne.

Les politiques les plus modernes, dotées d’une démocratie solide, ne parviennent toujours pas à mettre en place ces droits inaliénables de manière durable dans leur propre pays. Sur le plan international, c’est encore plus compliqué.  Alors qu’est-ce qui bloque?

Le droit de veto évidemment!! (en rouge sur le graphique)

Chaque pays-membre permanent se protège et protège ses alliés stratégiques d’une politique trop « égalitaire ». Faut quand même pas pousser! Les droits de l’homme peut-être, mais l’hégémonie sur le monde? sûrement pas!

Production d’armes

Tiens? Les cinq membres permanents du conseil de sécurité sont parmi les plus gros exportateurs d’armes au monde! (source Wikipédia) Drôle de coïncidence.

Mais tout ce que je vous raconte, vous le savez déjà. 
Nos plus belles idées sont en perpétuelle lutte contre nos penchants naturels, lesquels hélas, sont exactement contraires à ces belles idées. Mis à part quelques naïfs illuminés, plus personne ne le nie. Sigmund Freud, Pierre Bourdieu, Henri Laborit et tant d’autres nous ont prouvé tout cela depuis longtemps. Ceux qui nient leurs découvertes sont toujours les mêmes dans le fond:

Les preuves sont devant leurs yeux, devant nos yeux à tous: le chaos grandissant et la misère du monde. 

Pierre Bourdieu (1930-2002) sociologue

« Pour changer la vie, il faudrait commencer par changer la vie politique »

Il suffit de regarder autour de nous, tant dans nos rues que dans celles d’autres pays moins chanceux. Des 193 pays à avoir signé la charte, lequel a-t-il réussi à mettre en pratique ses engagements? Éradiquer la misère, la haine, la violence, etc… Est-ce vraiment une éternelle utopie ? 

Simone Veil (1927-2017)

« Et puis autre chose me gène dans ses droits de l’homme prétendument universels, c’est que précisément ils ne le sont pas. Il y a toujours deux poids deux mesures. »

Simone Veil

Même s’il les avait pressenties, Freud est mort sans avoir vécu les horreurs de la 2ème guerre mondiale. Jusqu’à ce jour hélas! l’histoire lui a donné raison sur la nature humaine.

« L’homme n’est pas un être pacifique, ne se défendant que si on l’attaque. Il possède une bonne dose d’agressivité innée, et il est tenté de satisfaire ses instincts au dépends de ses congénères, de les exploiter, de les faire souffrir, de les tuer »

(Freud. Malaise dans la civilisation. p 64-65. PUF. 1976)

Sigmund Freud (1856-1939)

Henri Laborit, médecin, chirurgien, neurobiologiste, éthologue et philosophe nous explique la même chose sous un autre angle.

« Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chances qu’il y ait quoi que ce soit qui change. »

H. Laborit. Mon oncle d’Amérique
Henri Laborit (1914-1995)

Pourquoi la politique n’est-elle pas soumise aux sciences neurobiologiques et psychosociales en permanence? De la même manière par exemple que l’actualité est soumise au filtre propagandiste des médias dominants. Démocratie ou non, peuple ou élites dirigeantes, nous sommes tous soumis à cet instabilité structurelle de notre cerveau reptilien qui sous tend notre raison. Nos traités, nos institutions, nos devises nationales semblent parfois y échapper par leur beauté théorique. 

« Liberté, Égalité, Fraternité »

Mais leur application sur le terrain nous trahit toujours. Un peu comme un cancre qui pour faire bonne figure dit sans cesse pardon au prof, mais qui sans cesse recommence ses mêmes actions néfastes pour la classe.

Enfant puni, mis à la porte de sa classe, dans une école en France. (Photo by Michel BARET/Gamma-Rapho via Getty Images)

Plus l’homme progresse dans le savoir, plus les fléaux de l’humanité persistent et signent. Voire s’intensifient. N’est-ce pas un signe que quelque chose ne tourne pas rond? Non pas chez l’autre, mais chez nous tous. Même un ado dans son manichéisme naturel, que dis-je? même un enfant peut s’en rendre compte. La technologie pourrait nous aider. Mais la science est avant tout une fabrique d’ustensiles pour une petite partie privilégiée d’humains. Car le monde qu’est-ce que c’est? Une simple fabrique d’ustensiles disait Sartre, rien d’autre. En attendant, ces ustensiles quasi-magiques butent sur un os de taille :  la réalisation de la charte de l’ONU sur le sol de chaque pays signataire.
Quel que soit le camp où l’on se trouve, requérant ou nanti, gilet jaune ou actionnaire de multinationale, avouons ce fait cruel que nous avons tous en commun.

« Le destin de l’homme c’est son anatomie» 

(Sigmund Freud )

Les forces qui animent ce noble organe de la raison ne sont pas spontanément enclines à la générosité, au partage, à l’envie de vivre en harmonie avec ses voisins. 
C’est écrit pourtant noir sur blanc dans la charte de l’ONU.

« …à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage, à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales… »  

(extrait du préambule, charte des Nations Unies 1945)

À l’école dès le plus jeune âge, on nous a formatés pour cette compétition. La vie est un combat etc… Les classements, les concours, les podiums ont jalonné nos études depuis la maternelle. Les valeurs de réussite que nous ont transmises nos parents, nos coaches, nos profs martèlent à notre inconscient un seul impératif: sois le meilleur! Jour après jour, ces luttes pour les places transforment peu à peu notre « voisin » de table en concurrent, puis adversaire potentiel, jusqu’en ennemi parfois. La collaboration, la bienveillance, la tolérance sont vues comme des faiblesses. La non-violence? C’est pour les trouillards.

Ce n’est pas le cas dans toutes les cultures.

Trop de jeunes aujourd’hui se sentent obligés de rouler des mécaniques, parler fort et cru, avoir l’air d’un killer pour être dans le coup. Peut-être ne se sentent-ils pas assez sûrs d’eux pour endosser cette carapace? 

Dans un stade de foot par exemple, on constate à quel point la raison s’efface pour une simple compétition sportive. Pour un rien, un regard, un mot de trop et la rage peut surgir à tout moment dans un groupe abreuvé à la seule victoire. 

Alors les maîtres des jeux du cirque ont demandé à leurs sportifs qu’ils s’engagent, qu’ils y mettent un peu du leur pour neutraliser nos démons intérieurs. Même sur un simple terrain de sport, c’est mieux que rien. Mais je ne suis pas sûr que nos athlètes soient tous très motivés pour s’y plier.

Ces mises en scènes superficielles cachent en fait des vérités profondes: celle de notre échec général. Les images du sport les plus fortes ne sont pas les victoires.

« Citius, Altius, Fortius », plus vite, plus haut, plus fort. 

Devise des jeux olympiques.

Dans le commerce même combat. En politique c’est la même chose: ce qui se produit à l’échelle d’un individu, d’une équipe, d’une entreprise, etc…tout ce qui touche à un groupe autour d’un sujet précis devient une espèce d’accumulateur de charge. L’effet de groupe dans son pire aspect. C’est un peu comme si les egos fusionnent dans la même cause pour décupler leur puissance. Quand la batterie est chargée à bloc, la violence devra se décharger le plus vite possible; elle peut s’emparer de chacun, sans distinction, sans contrôle. Capable d’embraser une rue,

Un stade de foot,

comme une nation toute entière.

Aucune barrière solide n’existe à ce jour contre ce feu intérieur qui consume notre humanité.

« Les plus grandes tempêtes naissent dans le cœur des hommes »

(W. Shakespeare)

William Shakespeare (1564-1616)

Conclusion

Quand j’étais gamin, mon père, qui était d’un naturel très joyeux, très philosophe, m’amenait souvent au stade… Je me souviens de ses rages aussi brèves qu’étonnantes sur les gradins, ses cris de joie ou de colère à l’unisson des autres supporters
– Tiens? me disais-je, lui aussi ? 

Et si l’on essayait d’appliquer les découvertes sur le fonctionnement du cerveau chez tous nos leaders politiques – mais pas que – , sans exception?  Un conseil des sages, érudits, yogis de tous les pays reconnus par leurs pairs. Experts en méditation, psychologie, sociologie, philosophie, etc. ils auraient pour unique fonction de corriger les dérives naturelles de ceux qui oublient trop souvent l’intérêt général pour le particulier.

Problème mathématique non encore élucidé à ce jour: quelle médaille Fields veut-il s’y coller?  

Comment un particulier croyant posséder la meilleure position possible de confort peut-il réaliser qu’une baisse de son confort personnel pour augmenter celui de l’intérêt général n’est pas une baisse mais une consolidation sans précédent de son confort actuel?   

Certains éclairés comme ce grand Homme l’avait résolu. Mais pas par des formules mathématiques. C’est pour cette raison qu’à chaque fois qu’il jouait, son amour du genre humain transperçait les cœurs les plus fermés
.

Imaginez les membres permanents assis à la table du conseil de sécurité. Imaginez  les détenteurs du droit de véto, inchangé depuis 1945, s’échanger des poignées de mains en mondovision et des bannières du style: 

« Stop à l’armement! » « Stop à la misère » « Ensemble construisons enfin notre charte ! »

Trêve de plaisanterie. La raison ne suffit pas, elle n’a jamais suffit, elle ne suffira jamais. Tant que nous n’aborderons pas les problèmes à la source, c’est à dire au fonctionnent erratique de notre cerveau de primates « à peine évolués », comme disait le journaliste et ufologue J-C Bourret, les beaux discours politiciens resterons stériles. 

« La révolution passe par l’intérieur de nous-mêmes ».

(A. Soljenitsyne)

Il y a très longtemps, quand on se tapait déjà sur la gueule entre voisins pour les mêmes raisons (ou à peu près), Socrate avait quitté ce monde dans un dernier souhait pour ses adeptes: 

« Connais-toi toi même! « 

Socrate (470-399 av. J-C)

Puisse un jour la flamme de cette vérité s’allumer à la table des politiciens qui nous dirigent. 

Merci de votre attention.

Michel Fiorelli

Autres sujets, autres controverses… 

Publié par Maior Liberis

J'ai été fan de Michel Onfray de longues années ...Mais je prends mes distances, à la fois reconnaissant, déçu et en colère. Ce qui me motive? Vous le découvrirez avec plaisir j'espère ... Merci de votre attention!

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