Bientôt sur Mars. Deuxième partie

►Propositions concrètes◄

Devant l’impuissance des grandes structures internationales comme l’ONU, l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale, nous proposons la création d’une Confédération  Humanitaire Internationale munie de sa propre force armée. Une force onusienne rapidement déployable, c’était le souhait du regretté secrétaire général et prix Nobel de la Paix : Kofi Annan. Extrait :

l’ONU en sera l’instance faîtière et coordonnera son action dans tous les pays rattachés par simple votation. Cette étape de plus permettra aux pays confédérés de ne plus perdre du temps dans de difficiles voire impossibles résolutions du conseil de sécurité.

Votation à l’ONU

La priorité absolue sera d’instaurer sur les lieux les plus urgents soins sanitaires et sécurité. 

Sous la houlette de Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins Sans Frontières et médecins du monde, une seule mission de soutien des humanitaires à été votée par l’ONU. (résolution ONU 1778 du 25 septembre 2007)

EUFOR  AU TCHAD ET EN RCA MANDATÉE PAR L’UNION EUROPÉENNE 27 PAYS

Capitale mais toujours défaillante, la deuxième phase plus politique devra s’inscrire dans la continuité. Entre ingérence et non assistance aux populations en danger, la confédération mettra en jeux tous les autres mandats classiques d’une instance supranationale avec les structures locales (s’il en reste). Et pour ce faire, plus question de plier bagages trop vite ni de botter en touche « neutralité » moins par légalisme que par peur. Les droits humains ne sont pas seulement des secours médicaux, accessibles sur les champs de batailles ou dans des hôpitaux de fortune pris pour cible sans vergogne.

Hôpital investi par MSF Syrie

Salle d’opération. Alep

Bernard Kouchner et le professeur Mario Bettati, juriste en droit humanitaire, ont co-écrit un ouvrage en 1985 intitulé:
« Le devoir d’ingérence » 

Dans ce réquisitoire contre l’inaction étatique, il s’agit de sortir des schémas tronqués du conseil de sécurité de l’ONU, seule instance toujours valide à autoriser la force armée si nécessaire…

Mario Bettati (1937-2017)

Mais qu’est-ce que le « nécessaire? » aujourd’hui, en 2020?

Contestée par les souverainistes durs, la question d’un humanisme multinational et – militarisé –  reste toujours délicate, puisque le conseil de sécurité s’est arrogé le droit de veto sur toute décision en leur défaveur, donc verrouillage de toute possibilité de perdre la main sur la domination du monde.

Jean Pierre Chevènement, ancien ministre de la défense, dénonçait à l’époque le devoir d’ingérence comme une forme de néo-impérialisme… 

Jean-Pierre Chevènement vers 1985

 La notion de corridors humanitaires, première instance autorisée par l’ONU à percer le blindage des souverainetés, a été acquise grâce à l’ impulsion d’hommes comme eux.

« Fallait-il les laisser mourir? » (Bernard Kouchner dans son discours à l’ONU au sujet des boat-people.)
Bateau île de lumière au secours des boat-people vietnamiens

Les avancées des humanitaires ont permis plusieurs actions de sauvetage pendant la guerre du Biafra (Nigéria 1970). Les suisses de la croix rouge et d’Henry Dunant ont poussé la neutralité d’un cran de plus dans l’action, à l’exemple d’Edmond Kaiser, fondateur de Terre des Hommes.

Edmond Kaiser Fondateur de terre des Hommes (Biafra 1968)

Le témoignage d’Edmond Kaiser m’évoque cette phrase de Samuel Beckett dans:  » En attendant Godot »

« Elles accouchent à cheval sur une tombe, le jour brille un instant, puis c’est la nuit à nouveau. En avant! »

Tout organisme est en recherche constante d’équilibre. Principe défini par le physiologiste Claude Bernard au 19ème siècle, l’homéostasie biologique est-elle applicable à nos systèmes sociaux?

Claude Bernard. Médecin (1813-1878)

Homéostasie signifie « similaire » et « action de se tenir debout »…(source Wikipédia). Depuis que Platon a inventé la politique, n’y-a-t-il pas quelque chose qui nous échappe?

« Ni rire, ni pleurer, ni haïr, mais comprendre. »

Disait Spinoza dans son traité politique. Mais ne soyons pas naïfs: qui sur cette terre souhaite que les uns possèdent tant de richesses et d’autres presque rien? L’homme a érigé des frontières, créé des états-nations pour protéger la liberté de son peuple; mais une fois confortablement installé dans sa liberté personnelle, il a vite oublié tous ceux qui, sous le même drapeau, n’ont plus accès à cette liberté. Cherchez l’erreur. Nous essaierons tout au long de cet argumentaire en trois parties de prouver qu’un nouvel internationalisme est possible et qu’il passera par les forces humanitaires. Comparables à l’homéostasie, ces forces d’équilibrage en place depuis Henry Dunant et les conventions de Genève sont déjà déployées à l’extérieur des frontières, sur les zones de conflits et leurs cortèges de fléaux; mais ces dernières décennies, l’humanitaire s’implante durablement à l’intérieur des pays riches qui les ont inventées, ces mêmes pays qui portent secours à l’international. La boucle de l’humanitaire sur elle-même, dans nos quartiers, nos rues, nos hospices – même nos hôpitaux débordés – , signe l’échec des politiques classiques.

Par-delà les critiques stériles, les propositions qui vont suivre s’inscrivent dans la continuité logique d’un paradigme hyperlibéral installé depuis les années quatre-vingt dont nous reparlerons plus bas, avec Amin Maalouf, Pierre Bourdieu et Jean Ziegler.

« Le droit international n’existe que dans les manuels de droit international »

(Albert Einstein. Pensées intimes. Anatolia/Rocher)

À une mondialisation sans règles et soumettant les états à ses appétits sans limites, nous opposerons une Confédération Humanitaire Internationale munie de sa propre armée permanente. Débordés depuis plus de quarante ans, les états qui prêtent de temps en temps quelques casques-bleus par-ci par-là, au gré de leurs intérêts géostratégiques, persistent à nier l’évidence. L’ingérence économique intrusive sans contrôle, alliée à la non-neutralité des résolutions onusiennes impose une réaction puissante, coordonnée et profondément éthique.

« Il y a des époques où le climat du monde est propice aux choses éthiques. Parfois les hommes se font confiance et créent le bien »

(Einstein. extrait conversation enregistrée par Algernon Black. 1940)

C’est, selon nous, le seul moyen de refermer la boîte de Pandore que nous avons ouverte et qui est sur la table du conseil de sécurité.

Où cesse l’État, là seulement commence l’homme qui point n’est superflu.

(Nietzsche. Ainsi parlait Zarathoustra. De la nouvelle idole)

Publié par Maior Liberis

J'ai été fan de Michel Onfray de longues années ...Mais je prends mes distances, à la fois reconnaissant, déçu et en colère. Ce qui me motive? Vous le découvrirez avec plaisir j'espère ... Merci de votre attention!

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