Bientôt sur Mars. Troisième partie

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanitaire est posée la question clé du devoir d’ingérence. Sous l’impulsion d’une nouvelle ONG comme « Médecins sans Frontières » la chape de plomb de la souveraineté se fend quelque peu pour laisser place aux acteurs de secours.

Comment cette question de l’ingérence a-t-elle évoluée depuis? Les corridors humanitaires ont plusieurs fois supplanté momentanément les souverainetés nationales défaillantes, comme lors de ce fameux plan « Restore Hope » lancé par les USA de Bill Clinton en Somalie, en 1992-93. 

Résolution 794 des nations unies.

Malgré toutes les bonnes volontés, la méthode américaine n’a pas permis aux phases diplomatiques nettement plus complexes d’instaurer la paix sur place. S’il est vrai que de nombreux civils ont échappé au pire, que les reconstructions s’étaient mises en chantier, l’action militaro-humanitaire Restore  Hope est considérée aujourd’hui comme un échec politique.

Kouchner dans le plan Restore Hope en Somalie 1993

Où en est-on en 2020? Comment juger le commandement des USA lorsque nous autres européens ne faisons pas mieux à nos portes ou à peine plus loin? La sécurisation des camps de réfugiés, la protections des déplacés, l’approvisionnement  en vivres et médicaments, les soins d’urgence aux blessés, etc…sont de plus en plus difficiles à assurer, tant pour les bénévoles de plus en plus rares que pour les professionnels du secours. En suivant l’actualité mondiale, chacun de nous peut sentir que ce cycle infernal doit être rompu. Prisonniers impuissants dans l’œil du cyclone, les humanitaires du XXIème siècle ne doivent plus rester figés dans l’histoire sanglante mais s’en extirper et en écrire une autre. Les vrais héros ce sont eux; nos leaders de demain qui prendront leur défense en main. Ce que les cyniques appellent le « droitdelhommisme » et les gens normaux l’humanisme, détient le pouvoir de briser sa spirale maudite. Aux côtés des populations qu’elles soulagent, nourrissent, même guérissent parfois, les acteurs de secours sont à la meilleure place pour devenir ce socle nouveau, ce tremplin vers un nouveau monde.

Tous ces malchanceux du hasard de la naissance espèrent de nous-autres, héritiers d’Henry Dunant et des Lumières, autre chose que des larmes et des souhaits de « bonne chance ». Mais lorsque la mission est terminée, il faut repartir chez nous à l’abri des bombes, avec ce souvenir de leur visage, de leur main fébrile ou froide au moment de la séparation. C’est ça l’humanitaire moderne. Pas de place pour les sentiments. Surtout ne pas compter sur les accords de Genève ou la grandeur d’âme des belligérants. Tout ça c’est fini. Gorgés d’adrénaline plus que d’espoir, il faut s’arracher de notre confort qu’on ne voit même plus; tels des chevaux de course coiffés d’œillères expulsés de leur cage de départ, il faut débarquer sur des terres à feux et à sang, sauver tous ceux qui peuvent l’être. Mais pour tout ça, rester vivant.

C’est dans l’attentisme d’une politique internationale engluée dans ses propres contradictions que les opinions populaires basculent. Tôt ou tard, les intérêts cachés des grandes puissances nous trahissent et trahissent l’idée initiale d’Henry Dunant.  » L’ONU fait ce qu’elle peut mais elle doit se renouveler de l’intérieur. » avait dit le regretté Kofi Annan qui n’a pas réussi le tour de force. On lui a donné un prix Nobel. C’est comme un jeu infernal de la culpabilité collective. Le point commun des prix Nobel de la paix? Pas besoin de l’expliquer.

Le pourquoi du comment de cette hypocrisie? Une ébauche de piste sur cet article. Mais bon, vous le savez déjà…



De gauche comme de droite, aucun homme politique, excepté Trotski peut-être, n’a réfléchi sur l’ensemble de la condition humaine ouvrière. Discrédité pour la plupart en légitimant la violence, Trotski est allé même jusqu’à rétablir la peine de mort pour imposer sa révolution. 

PS: Pour ceux que ça intéresse, il y a une série courte sur N…..x en russe pour les courageux camarades!! (C’est comme tout: il n’y a pas que du mauvais chez les hypnotiseurs professionnels.)

Lev Davidovitch Bronstein alias Leon Trotsky (1879 – 1940), 1930s. (Photo by Hulton )

Sa social-démocratie n’est devenue qu’une forme de bourgeoisie remodelée qui laisse toujours la place aux ogres du capital. S’il voyait notre monde aujourd’hui, conseillerait-il encore d’armer les ouvriers? Comment convertirait-il la violence pure en action non-sanglante? Quel homme ou femme détient les clés politiques d’une révolution globale pacifiée? L’oxymore fait mal aux oreilles mais nous devons passer au-delà du langage et de ses règles.

Nous devons créer un entrisme humanitaire structuré, protégé par son propre corps militaire, dans tous les lieux en souffrance. Aider plus loin que le présent d’une actualité mortifère qui en chasse une autre dans un cycle infini: c’est le pas à franchir. Ceux qui nous le reprochent? C’est leur droit le plus strict; mais ils ne pourront plus nous bloquer par un « non » complice. Les leaders humanitaires et caritatifs doivent eux-aussi changer de stratégie, sortir de la peur qui paralyse et tue leurs propres effectifs années après années. Sont-ils devenus masochistes au point que certaines grandes structures ne veulent pas entendre parler d’une armée permanente à leurs côtés sans sortir immédiatement les griffes de la neutralité? Tout est politique, même l’humanitaire. (Voir la vidéo ci-dessus de Bernard Kouchner). Ne pas le reconnaître conduira aux mêmes répétitions hypocrites. Que signifie neutralité? Abandonner aux milices et aux gangs ceux que nous avions sauvé de la mort six mois, un an auparavant? La Suisse où est né Henry Dunant et sa Croix Rouge a été neutre pendant la guerre. Demandez l’avis de Jean Ziegler si cette neutralité a été bénéfique à ceux qui fuyaient la folie nazie autour d’une Suisse neutre.

L’inversion des couleurs sans toucher aux lignes prédispose-t-il à un pouvoir de circuler malgré des tracés qu’on appelle « frontières nationales »? 

J’avais prévenu plus haut. Nous balayons devant toutes les portes, y compris les plus propres a priori, c’est à dire les nôtres! Car nous voulons mettre un terme à la politique mondiale classique, de droite comme de gauche, qui est aussi le terreau d’un immobilisme complice. (Une pétition dans ce sens sera bientôt disponible en fin de page)
Plus expérimentée sur le plan diplomatique que nos ex-alliés d’outre-Atlantique, l’Union Européenne a sa carte à jouer. Et cette carte n’est pas un atout mineur. 

S’élargir, mais pas dans un vide politique. La force d’une Confédération Humanitaire Internationale est de garder le lien décisionnel de chaque nation tout en négociant chaque point avec les gouvernements confédérés. Habitat, éducation, social, etc…Restore Hope et tous les autres plans militaro-humanitaires de grande ampleur ont échoué sur le long terme; nous savons maintenant pourquoi. Par conséquent nous allons essayer de faire ce pas de plus que nous détaillerons plus bas. Pour les financements nous y viendrons au 3ème chapitre : le nerf de la guerre.

Les casques bleus qui ont été déployés jadis dans ces différents plans d’urgence étaient simplement des militaires prêtés par les pays membres de l’ONU; dans notre approche ils devront reprendre du service mais de manière permanente et indépendante de l’OTAN. 

Casques bleus marocains

La plupart des armées professionnelles européennes ne demandent pas mieux que de remplir une vraie mission de défense à grande échelle, aux côtés des travailleurs humanitaires, dans le respect des populations autochtones, plutôt que d’éternelles manœuvres coûteuses pour pas grand chose; ou des opérations extérieures nébuleuses et controversées chapeautées par l’OTAN.

Récit du général Jean-Philippe Ganascia invité à la remise du prix Henry Dunant 2018 décerné à la présidente juridique de MSF: Françoise Bouchet-Saulnier (toute à droite sur l’image. Extrait du discours plus bas)

Le général Ganascia en images:

Ce qui a été fait à une échelle réduite doit pouvoir se renouveler au sein d’une confédération plus étendue.

L’Europe qui attend la création de son premier corps de défense commun depuis l’autorisation par le traité de Lisbonne (article 42) ne doit plus être un logo vide de sens politique, attendant l’adoubement suprême des grandes puissances pour aller vers son destin. 

Eurocorps

Toujours en devenir depuis l’alliance de François Mitterrand et d’Helmut Kohl, il est composé de cinq membres permanents: Luxembourg, Allemagne, Espagne, Belgique, France.

Les nations associées sont la Grèce, la Turquie, l’Italie, la Roumanie et la Pologne.(Source Wikipédia)

François Mitterrand et Helmut Kohl. 22 septembre 1984

L’ U-E peut redorer son blason aux côtés de cette coalition nouvelle, rompant avec la naïveté et l’attentisme, cette confédération que nous appelons de nos vœux.

Soutenue par des ONG partenaires de longue date, comme la Fédération Internationale de la Croix Rouge et du Croissant Rouge – la plus grande institution humanitaire du monde – , le champ d’action sera plus vaste et plus efficace. La force multinationale pourra renforcer l’action des humanitaires en place à l’étranger, mais également venir en soutien de la sécurité intérieure de chaque pays qui la demande. Les structures onusiennes de soutien policier pour les états instables ou défaillants existent déjà depuis 1960. La C-H-I aura les pleins pouvoirs d’une nouvelle politique humanitaire déployée dans chaque états qui la constituent. Cette supranationalité s’exerce déjà dans le domaine de la justice; elle deviendra exécutive en ce qui concerne les droits fondamentaux qui seront étendus. Pour les pays qui ne veulent pas s’y joindre, rien ne changera; les résolutions continueront à être votées à l’ONU. Au fil des années, les non-signataires constateront peut-être l’efficacité de cette structure d’inclusion inédite, dont le mandat ne sera plus cantonné à l’urgence mais à d’autres extensions stratégiques du droit international. Libre à eux d’y adhérer à posteriori.

Police créée en 1960 par l’ONU en soutien de la sécurité intérieure des pays instables

Résolution ONU numéro 1551.

Cocarde Eufor Althea

En 2004 sous la bannière de l’EUFOR Althéa, une coalition déployée en Bosnie-Herzégovine a permis de sécuriser les villes et villages en soutien de la police officielle encore sur place: 
Liste des pays participants: 

De 1992 à 1995, sur la demande des humanitaires sur place, la FORPRONU avait pour mission de sécuriser les zones sensibles de l’ex-Yougoslavie, en Croatie.

Résolution numéro: 743 du 21 février 1992.

Ce qui n’a pas empêché le massacre de Srebrenica en juillet 1995.

Cimetière de Srebrenica

Dans cette approche nouvelle, politique intérieure et extérieures seront définitivement inséparables. La plupart des guerres sur le globe ne sont plus étatiques mais multiformes; ce qui constitue la preuve des liens de cause à effet entre idéologie économique, politique et religieuse. Seule une instance supranationale hétéroclite permanente peut faire la différence et neutraliser chaque aspect négatif de ces piliers de l’identité.

Bosnie-Herzégovine évacuation des blessés.

La guerre dans l’ex-Yougoslavie a fait plus de cent mille morts dont la moitié de civils au cœur même de l’Europe.

Les organisations humanitaires sont en demande constante d’une instance neutre. Mais neutre ne doit plus signifier inactive. Au stade d’avancement de l’histoire des guerres et de leur transformation perverse en guerre contre le terrorisme, il nous semble que la seule manière d’être neutre est celle-ci: fédérer nos différences pour une cause inaliénable: les droits de l’homme et du citoyen. À l’aube d’une catastrophe planétaire sans précédent, l’esprit de corps face à l’immensité de la menace sera le credo de la future Confédération-Humanitaire-Internationale. 

Les animaux en sont capables; pourquoi pas nous?

Action de la FICR dans le mode entier. À droite, Elhadj AS Sy président de la fédération internationale de la croix rouge et du croissant rouge. Prix Nobel de la paix 1967. Le socle est déjà présent pour aller plus loin.

Revenons un instant sur l’Intérieur. À moins de se voiler la face, les événements violents dans nos villes sont à une l’échelle réduite de la même nature que les guerres non-étatiques. Les jeunes s’embrigadent pour des causes extraterritoriales ou s’endoctrinent sous l’influence d’Imams obscurs, dont les discours habiles s’abreuvent d’une politique étrangère d’ex-colons que nous sommes et qui n’est pas sans failles.

La recherche du statut victimaire est une quête trop facilitée par nos atermoiements coupables. Une vraie autocritique ne suffit plus. Seule l’action unie pourra ramener les jeunes générations à la raison.
En France, les plans comme Vigipirate ne font pas l’unanimité. Le seul mot de Vigipirate est un reflet du clivage subconscient maintenu entre d’un côté les bons (nous les vigilants) et d’un autre les mauvais (eux les pirates). Cette linguistique séparatiste créée par nous doit être définitivement rompue.
C’est ce que George Orwell appelait Novlangue dans son fameux roman toujours d’actualité, 1984.

N‘en déplaise à Michel Onfray et ses copains, la sociologie a pris le relais des philosophes du peuple; car la pensée c’est beau, mais la pratique c’est mieux, surtout si l’on a rien d’autre à apporter qu’une « élégance Baudelairienne » à côté de la plaque.

Le bateau est pourri à la source, cher maître! par une politique d’intégration calamiteuse qui ne date pas d’hier:

Si la politique change vraiment un jour, elle devra utiliser les découvertes des sciences sociales et les appliquer sur le terrain.

« Un cerveau, ça sert à agir » (Henri Laborit)


Ce  sera la teneur pour la conclusion avec Pierre Bourdieu dans la vidéo finale.

Pour revenir à Vigipirate et aux alliances armée-police…

France. Armée en soutien de la police (Vigipirate)

Jugés trop tardifs, coûteux et inégalement répartis sur le territoire, ces énièmes plans antiterroristes s’éternisent dans une urgence au quotidien. Ces tâtonnements au gré de l’actualité toujours plus barbare, révèlent le manque d’un plan général d’amont, c’est à dire de prise en charge globale et réfléchie de la violence. Nous postulons un nouveau paradigme sécuritaire mieux adaptée à nos sociétés malades, malade non pas des autres, mais d’elle-même. L’Europe des Lumières est la mieux placée pour initier ce nouvel humanisme fédéral. 
Une pensée pour Henri Weber, mort du coronavirus en avril 2020, qui prônait une fédération européenne élargie pour faire face aux oligarchies financières et autres pestes invisibles responsables de cette pandémie. ( ce que dit Noam Chomsky plus haut). Car les inégalités causée par l’avidité humaine d’un petit nombre de puissants, leur logique du profit sans limites, sans contrôle, touche aussi la santé publique dans tous les pays.

Henri Weber (1944-2020)

Dans toutes les grandes villes, nous couplerons le dispositif à un bras sanitaire et social plus fort que son bras répressif.
Nous pensons que le seul moyen d’effacer les haines identitaires, religieuses et autres qui prolifèrent partout sur la planète n’est pas une force d’opposition classique d’un camp contre un autre (ou plusieurs). Inefficace à long terme, cette éternelle réponse de la violence par plus de violence sera dépassée. Afin de neutraliser la compétition victimaire dont chaque groupe violent s’abreuve, mais surtout réussit à abreuver les masses populaires, nous aurons besoin d’une force totalement nouvelle: cette force ne sera pas une opposition pure, lit des éternels camps adverses, embargo, blocus,  etc… mais une force d’inclusion inédite, dans laquelle les populations de tous bords s’identifieront en masse. Car l’enjeu sont les masses immenses de populations qui agonisent en silence; ce sont ces générations délaissées qu’il faut convaincre pour faire ce nouveau monde tant réclamé.

« Il n’y a qu’une seule voie vers la paix et la sécurité: la voie d’une organisation supranationale »

(Einstein. extrait allocution prix One World 27 avril 1948)



Composée de professionnels et volontaires de toutes origines, cette alliance militaro-humanitaire ne défendra qu’une seule cause largement majoritaire sur la planète : les droits humains pour chacun.

Les jeunes en seront la priorité absolue; ceux qui voudront sortir de la délinquance et de la criminalité seront pris en mains fermes par la confédération. Les métiers de l’humanitaire seront pour beaucoup une source puissante de recadrage qui élargira leur vision du monde tout en apprenant un métier à haute valeur humaine – peut-être la plus haute valeur sur terre – si l’on en croit Blaise Pascal. Si ce mot est démodé, la charité reste l’ordre le plus élevé que nous partageons avec nos amis juifs et musulmans. Cette union transparaît partout sur les lieux en demande de secours, unis sous la bannière de la croix et du croissant rouge. Plusieurs ONG spécialisées dans la formation pour les métiers humanitaires sont déjà solidement implantées dans de nombreux pays.

Toutes ces lourdes structures primées régulièrement du Nobel de la paix comme le C-I-C-R , la F-I-C-R, le H-C-R, le World Food Program, etc… doivent passer à la phase supérieure, c’est à dire politique. Nous n’avons plus de temps à perdre. Le principe de neutralité ne veut pas dire passivité lorsqu’il s’agit de sauver l’homme de sa propre violence.

Un partenariat avec les prisons sera de mise pour les détenus désirant se refaire une dignité.

Nous ébaucherons le financement de la C-H-I plus bas. 


L’histoire n’est pas une lamentation éternelle de nos erreurs, mais un moyen de ne plus les reproduire. Pour ce faire, il faut agir de manière inédite. Laisser une chance à celui qui va dans la mauvaise direction sera le credo de la nouvelle C-H-I.

Exemple de ce qui ne doit plus jamais se reproduire:

Mission humanitaire à haut risque en Centrafrique, pendant les affrontements entre les anti-Balaka (chrétiens) et la Séléka.   (musulmans). Plusieurs morts du côté MSF, et le manque cruel d’une instance de protection pour tous les humanitaires du monde. La directrice juridique de MSF, Françoise Bouchet-Saulnier s’exprime en fin de vidéo. En 2018 elle reçoit le prix Henry-Dunant :

Fini d’attendre des guerres du pétrole et autres intérêts stratégiques pour les dominants. Fini d’attendre d’énièmes résolutions à l’unanimité du conseil de sécurité influencées par des intérêts nationaux, des alliances, etc…on connaît tous la chanson: c’est la même musique que celle des grands médias, du copié/collé.

Les prises d’otages de personnels humanitaires ou leur lâche assassinat sape le fondement même de notre humanité. Plus la barbarie progresse dans le monde, plus le droit international humanitaire est foulé aux pieds; l’héritage d’Henry Dunant et des conventions de Genève qu’il a promues volent en éclats.

Henry Dunant (1828-1910)
  1. La première Convention de Genève protège les soldats blessés ou malades sur terre en temps de guerre.
  2. La deuxième Convention de Genève protège les militaires blessés, malades ou naufragés en mer en temps de guerre.
  3. La troisième Convention de Genève s’applique aux prisonniers de guerre.
  4. La quatrième Convention de Genève protège les civils, notamment en territoire occupé.
  5. Enfin, l’article 3 commun couvre pour la première fois les conflits armés non internationaux, les guerres civiles notamment. (Source CICR)

Pour plus amples informations, se rendre sur le site

Les guerres non étatiques compliquent la donne et les humanitaires qui aident dans les deux camps sont de plus en plus considérés comme complices pour le camp adverse.

N’envoyons plus des agneaux au milieu des loups; envoyons avec eux des chiens de bergers de tous les horizons, capables de neutraliser les loups.

Les premiers couloirs humanitaires et les camps de réfugiés du HCR deviendront de véritables frontières mobiles armées, relayant provisoirement la souveraineté des pays en crise. Nous élargirons donc la résolution 45/100 écrite par Mario Bettati et ses confrères (cf. vidéo ci-dessus) à une zone plus étendue, tant sur le plan géographique que législatif.

Cette zone inviolable, totalement mouvante, ne serait plus sous la responsabilité du seul pays d’accueil, systématiquement débordé dès les premiers afflux des colonnes de réfugiés.

Ceux qui fuient la guerre…

Réfugiés des Balkans 2015

Réfugiés Syriens Afghans Irakiens

Ceux qui fuient la pauvreté, l’insécurité ou la persécution ethnique.

Réfugiés birmans, bangladais 2015

Réfugiés Honduriens 2018

Etc…la liste est réactualisée sans cesse. 


Contre toute ingérence, y compris humanitaire, Jean Pierre Chevènement rétorque un jour à Bernard Kouchner:

« On ne voit jamais le faible s’ingérer chez le fort mais toujours le fort chez le faible »(J-P Chevènement) 

Nous répondrons que la vraie justice n’est pas d’attendre que des populations affaiblies rejoignent une force, mais que la force aille rejoindre les faibles pour les traiter sur place.

193 pays ont signé la charte de l’ONU en 1945. 

Création de la charte des Nations Unies, avril-juin 1945

Rappel du préambule, charte des Nations Unies 1945. extrait:

« …à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage, à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales… »  

L‘idée de frontières archaïques totalement fermées doit être repensée. Pour des sujets aussi récurrents que ces morts en masse en Méditerranée, partout sur les routes d’un exil forcé qui tuent les plus vulnérables, surtout les enfants, des filtres doivent se mettre en place. La supranationalité ciblée qu’incarnera la C-H-I devrait pouvoir naître sur la base des corridors humanitaires sans impacter les souverainismes en place. L’humanisme moderne doit s’inscrire dans une dynamique mobile. Son action dépassera les limites géographiques figées qui font appel à l’instinct territorial, animal.

« L’ espèce humaine devrait être une classe de créatures qui un jour sera capable, en vertu de sa nature, de se libérer de ses instincts et de s’en débarrasser »

(E. Kant. Théorie philosophique de la religion. La théologie morale)

Le passé de chaque nation est important car constitutif de son origine (l’instinct de protection); mais son présent fait aussi partie de sa souveraineté, laquelle est en constante évolution. L’instinct de protection devrait pouvoir intégrer l’idée simple d’inclusion d’autres populations affaiblies qui se réclament de ce même instinct propre à la race humaine.  Le présent hurle à la mort et frappe aux portes de ses voisins plus chanceux. Si les portes de ces pays mieux lotis ont des difficultés à s’ouvrir – cela se comprend aisément – , au moins peuvent-elles admettre une instance multinationale qui les traverse librement et prenne en charge cette misère sur leur sol? Nous irons plus loin que les fameux couloirs de réfugiés négociés dans les années 2015 par des églises chrétiennes en Italie en Suisse ou en France afin d’éviter les « Voyages de la mort « en méditerranée. Pour les intéressés, lire ici:

La force d’inclusion portée par la C-H-I deviendra exécutive et supranationale en ce qui concerne l’asile. C’est toute la teneur de la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948.

À l’image des drapeaux de la Suisse et de la Croix rouge, les couleurs circulent au travers des lignes de la croix et s’inversent sans en dénaturer le symbole. La neutralité humanitaire entrera dans une nouvelle phase un peu de la même façon. 

Ce n’est qu’une image. Mais à l’ère des préparatifs coûteux pour une expédition martienne, est-il tolérable de laisser des familles entières de réfugiés mourir sur les routes de l’exil sans agir? 

Malgré toutes les bonnes volontés des ONG le courage et la générosité des gens qui s’engagent dans des missions aussi courtes que risquées, ces camps sont un lieu de survie très difficile.

Diaporama du camp de réfugiés de Moria, sur l’île de Lesbos en Grèce.

Camps de réfugiés Mauritanie, Cameroun, Ethiopie. RCA. Tchad.

Beaucoup de réfugiés n’arrivent jamais dans un camp pour faire leur demande d’asile. Soit par impossibilité de déplacement, soit par pur empêchement criminel de passer la frontière: ce qui bafoue encore l’article 14 de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Exemple:

« Devant la persécution, toute personne à le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays » (Article 14)

Pourquoi existe-t-il des douanes volantes pour neutraliser des criminels hors des frontières, mais aucune frontière mobile capable de venir au secours des gens fuyant la guerre, la persécution ou la misère? Répétons-le encore: la nouvelle instance que nous réclamons n’attendra pas que le réfugié arrive dans un pays limitrophe, dans un bureau, devant un fonctionnaire pour remplir un formulaire. La nouvelle instance que nous réclamons inclura dans le droit d’asile de l’article 14 le droit de ne plus mourir de faim pour lequel se bat Jean Ziegler à l’ONU.

Nous mettrons fin à l’hypocrisie sémantique du réfugié politique versus le réfugié économique. L’un et l’autre sont liés.

Ce nouvel humanisme s’incarnera à travers des structures symboliquement justes, passées dans l’inconscient collectif des peuples, et solidement implantées partout sur terre : La FICR, le HCR, le WFP, etc. Toutes les ONG désireuses de donner vie à une nouvelle redistribution des chances. Sur l’échelle millénaire des civilisations, il n’y a pas de honte à reconnaître un fait qui semble logique à beaucoup de gens: certains problèmes humains sont trop vastes, trop profonds pour être traités par une seule politique nationale. Nous avons beau chercher un « El Dorado » , un petit coin de paradis sur terre, sans violence ni misère ou les deux à la fois, nous n’en trouverons pas. Peut-être nous faut-il enfin admettre que les maux universels ne se combattent que par un seul remède: l’universalité?

Une fois votée, la nouvelle C-H-I ne fera aucune ingérence illégale à combattre la violence et la misère simultanément par-delà les frontières, avec sa propre armée.

« Mes conceptions coïncident presque complètement avec celles de Gandhi. Mais je résisterais (individuellement et collectivement) par la violence, aux forces qui tenteraient de me tuer ou de me priver mon peuple, des moyens fondamentaux de subsistance »

(Einstein. Lettre à Morriset. 21 mars 1952. Archives Einstein)

Publié par Maior Liberis

J'ai été fan de Michel Onfray de longues années ...Mais je prends mes distances, à la fois reconnaissant, déçu et en colère. Ce qui me motive? Vous le découvrirez avec plaisir j'espère ... Merci de votre attention!

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