Slam 2

En vérité je te le dis,
Mon ami,
sans colère ni rancœur,
comme je le pense au fond du cœur:

Il n’y a ni élu, ni messie,
Ni prophète meilleur,
Là-bas ou ici,
Ni vérité plus juste chez tel ou tel apôtre,
Rien sur Dieu qui donne raison à l’un ou l’autre.

Tout ça, c’est l’orgueil, le pouvoir,
L'homme qui cherche un promontoire,
Pour marquer son territoire,
Qui a souillé la belle idée, l’espoir,
D’une humanité en quête d’un lieu,
Où un et un ne font plus deux,
Où l’autre et moi, 
Une seule entité,
Ne veulent plus dominer,
Ni se Haïr,
Ni se maudire,
Au nom d'un Dieu "qui unit",
C'est son étymologie,
Tu parles de la duperie!


Oui mon ami, 
l’élu, le prophète, le Messie,
Tout autre épithète,
Est affaire de compète,
Entre des exégètes,
Qui jouent pour leur équipe,
Pendant que leurs ouailles s'étripent,
Au nom du même père,
Et après on espère? 
La religion signifiant "qui relie",
Conduit à cette furie,
De ces fourbes d'esprit, 
Qui prennent chaque mot,
Pour construire un enclos,
Et y enfermer Dieu,
Rien que pour eux.

Et hors de cet enclos,
Tout est faux,
Tout est laid,
Bon à tuer, à broyer,
Gibier d'échafaud, 
Les prières deviennent des armes,
Les beaux textes?
Des prétextes,
Pour faire couler sang et larmes.

Et maintenant…
À mes proches, à mes enfants,
Depuis ce jour,
depuis toujours,
Des talibans à l’Inquisition,
Méfiez-vous des religions,
Prises à la lettre,
Pour mieux soumettre,
Son frère, sa sœur,
À ses penchants,
À son égo toujours menteur,
Toujours clivant.


Et s’il existe un Dieu d’amour,
Que n’a-t-il pu choisir un camp,
Avec des murs barbelés autour?
Que n'a-t-il pu choisir un plan,
Qui mette les uns derrière,
Ou les autres devant?
Le germe du ressentiment, 
De la guerre.


Messie, élus, prophètes et saints de tous les temps,
Étaient d’abord des hommes et des femmes éclairés,
Dont les paroles portaient un dessein plus grand,
Bien trop grand, éblouissant, 
Rien à voir avec un camp,
Des gentils et des méchants.
Mais nous, mauvais enfants,
En prenant la dictée,
On y a mis nos impuretés, 
Faute à l'histoire,
Dominants, dominés,
À nos mémoires,
Morcelées,
Traumatisées.
Ce qui divise, ce qui fait mal, ce qui vexe,
Homo sapiens cet animal, a gardé ce réflexe,
Au pire: " Moi, pas l'autre!" 
Au mieux: "Nous, pas eux!"
Le clan où l'on se vautre,
Rien d'autre. 


Mes amis, je termine ma supplique,
Mi- athée, mi- bouddhique,
Parfois même soufi,
Pour continuer de croire en lui,


Dans les livres sacrés, tout ce qui sonne,
Du style: meilleur, plus fort, plus haut, plus juste,
Que mon voisin, non circoncis, non baptisé, etc...
Enjambez-le comme un obstacle vétuste,
Respectez-le même s'il vous frustre, 
Et continuez sans embarras,
ça vient de l'égo, de Mara,
Pour les mots: 
"tuez" 
"égorgez" 
"ennemis"
"scélérats"
"Impies" 
Etc...
Retournez-les en vous-mêmes, 
Sur celui qui barre la route,
Ce « moi » qui sème le doute.
Ne vous fâchez pas, restez zen!
Même si vous lisez:
Peuple élu, fils unique, texte sans faute, 
Qui chapeaute,
Toute autre parole,
Verset ou parabole, 
Qui veut vous attirer,
Dans un camp délimité, 
avec une trace au sol, 
Où il faudrait entrer pour ne plus être faux,
Suivre l'un, quitter l'autre pour arriver en haut,
Une vieille habitude, 
Rechercher l'altitude,
Pour tout cela encore, l'œuvre de l'ego.

Mais l'ascension est rude,
Continuons l'effort,
Tout en haut de cette montagne,
Où les sentiers convergent,
Et là, sentez cette envie de gagne,
Comme elle nous immerge,
Être toujours le premier,
Sans jamais se retourner, 
Et si Dieu nous testait?
Jugeait notre arrogance,
À quel point l'entraide,
Pour cette pente raide,
N'était pas notre urgence,
Mais peut-être, Son critère,
Pour pointer nos misères?
Abandonner son avance?
Passer notre chance?
D'être le meilleur,
D'être le vainqueur,
Toujours la compétition,
Même en religion.

Voilà notre malheur,
Voilà notre sort.
La boîte de Pandore.

Car Dieu n'était ni au sommet, ni dans la vallée,
Et cette métaphore n’est qu’un pis-aller, 
Tout croyant averti le sait déjà,
je m'arrête donc là.

En conclusion,
je respecte toutes les cultures,
je le jure, 
Toutes les religions,
Sans exception,
Mais s'il faut faire le deuil,
D'une religion universelle,
Que chacune soit au moins celle,
Qui ne mette plus personne en deuil.

Slam 2. En mémoire de Paul Ricoeur.

Merci de votre attention.

(Roman de S-F à venir )

La Scapigliata. Da Vinci
Radio, télé, internet,
Depuis belle lurette,
Pratiquent une hypnose,
Dont on est la chose,
Le sujet docile,
Dont l'avis bascule,
Tout comme un pendule,
Tenu par un fil.

La corruption religieuse est la superposition quantique de la corruption politique.


Publié par Maior Liberis

J'ai été fan de Michel Onfray de longues années ...Mais je prends mes distances, à la fois reconnaissant, déçu et en colère. Ce qui me motive? Vous le découvrirez avec plaisir j'espère ... Merci de votre attention!

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