Vie quotidienne 5 (Confinement)

Je suis en confinement,
Pour un petit moment,
Y paraît qu'on risque gros,
À sortir du ghetto,
Une fois j'ai essayé,
De faire le mur, de m'échapper,
Mais les flics m'ont rattrapé.

Pourtant, j'avais rien fait,
De bien grave en vérité,
Mes papiers étaient en ordre,
Mais mon nom faisait désordre,
Et le chien voulaient me mordre,
Alors j'ai vu tout rouge,
Insulté tout ce qui bouge,
Craché sur ce chien et sa horde,  
Sur les forces de l'ordre.

Depuis ce jour c'est écrit,
Noir sur blanc dans mon casier,
"Quatre-vingt jours en centre fermé"
Je suis strictement interdit,
De franchir le périmètre,
De me rendre en centre ville,
Ou a plus de deux cents mètres,
De cette prison juvénile, 
Pour les "jeunes difficiles".
 

Trouver un job c'est pas facile,
Quand t'as qu'un bac en poche,
Et un faciès qui cloche,
Plus bronzé que Gavroche,
Vous savez, dans les Misérables,
Ce roman que j'ai lu et relu,
Pour pas péter un câble,
Pour croire encore aux élus,
À une chance pour les exclus,  
Du pays de Victor Hugo,
Dont j'avais tatoué ces mots,
En caractères gras dans mon dos:

"C'est de l'enfer des pauvres,
Qu'est fait le paradis des riches"

Mais il faut que je me sauve,
Le gardien n'est pas une biche,
Je dois planquer mon haschich,
J'entends ses pas dans l'alcôve... 
Il faudra bien que j'arrête,
Les petits joints en cachette,
Ces conneries de délinquants,
Et cette colère tout en dedans,
Qui me ronge jusqu'au sang.

Que je trouve un boulot honnête,
Me caser, faire des enfants,
Que je me plie au Léviathan,
Puisqu'il faut courber la tête,
Dans un monde de compette,
Qui ne vénère que l'argent,
Ou bien écrire un roman?
Qui commencerait par ces vers?
En hommage à ma mère, mon père?

Plus que deux mois à tirer,
Dans ce camp de redressement,
Où j'écris ces quelques vers,
Du fond de mon confinement,
De cette vie solitaire,
Face à toutes mes erreurs,
Ma haine et ma colère,
Ma folie des grandeurs.

Et comme disait Baudelaire:
"Sois sage ô ma douleur,
Et tiens-toi plus tranquille"
Je serai plus docile,
Je me calmerai,
J'écrirai pour témoigner,
Trouver un éditeur?
Dans cette grande ville,
Qui broie tous les rêveurs,
Pour en faire ses pantins,
De braves citoyens,
Bons téléspectateurs,
Du journal de vingt heures.

Ou mon rêve de gosse,
Devenir camionneur?
Enfin voir du pays,
Tout en restant assis,
Rouler ma bosse,
Dans mon carrosse,
Ecrire toujours, 
La nuit, le jour,
Dans ma cabine,
Dans les latrines,
Sur mon journal,
Me faire des copines,
À chaque escale, 
Me lever tôt le matin,
Un café chaud dans une main,
Et dans l'autre un bouquin,
L'aventure au quotidien...

Devenir moins révolté,
Finalement résigné?
Il le faudra désormais,
Mais je vous le promets,
Si je suis édité:
Jamais sur du papier.
 

Slam inspiré par le film : « Imperial Dreams  » avec John Boyega. (Netflix)


Prix unique 5 euros. (accès à des centaines de poèmes, pensées, slam et autres dialogues improbables avec Céline, Sartre, Freud, Shakespeare, etc… Merci de votre soutien!)

(Roman de S-F à venir)

La Scapigliata. Da Vinci
Radio, télé, internet,
Depuis belle lurette,
Pratiquent une hypnose,
Dont on est la chose,
Le sujet docile,
Dont l'avis bascule,
Tout comme un pendule,
Tenu par un fil.

La corruption religieuse est la superposition quantique de la corruption politique.


Publié par Maior Liberis

J'ai été fan de Michel Onfray de longues années ...Mais je prends mes distances, à la fois reconnaissant, déçu et en colère. Ce qui me motive? Vous le découvrirez avec plaisir j'espère ... Merci de votre attention!

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